Comment financer mon lancement en tant que freelance ?

Avec la participation de Martin Greder, Conseiller Développement Jeunes Entreprises à la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin.

Si vous pouvez vous le permettre, je vous encourage vivement à constamment mettre de l’argent de côté. Au début, cela vous permettra de prendre le temps de faire un portfolio de qualité, de vous renseigner sur les questions administratives et de développer votre réseau. Vous aurez ainsi moins de pression pour relancer des clients pour un paiement, ce qui vous fera gagner beaucoup d’énergie. Si vous avez un coup dur, un accident ou un contrat qui se passe mal, vous pourrez vous dégager du stress financier. Voici 3 solutions que vous pouvez envisager :

1. LANCER L’ACTIVITÉ À CÔTÉ D’UN EMPLOI OU DES ÉTUDES

Vous pouvez lancer votre entreprise alors que vous êtes encore salarié ou étudiant. Toutes les formes juridiques d’entreprise peuvent cohabiter avec un emploi salarié : auto-entrepreneur, entreprise individuelle (micro ou réel), société, etc. Il faut simplement en avoir informé son employeur.

Cela vous permet de mettre de l’argent de côté. Vous avez également le temps de peaufiner votre projet et de commencer avec des prix compétitifs. Par contre, créez votre entreprise uniquement après vous être renseigné sur le statut. Il faut savoir que vous avez le droit à l’ACCRE (exonération de charges sociales du dirigeant la première année). Cette aide peut être sollicitée jusqu’à 30 jours après la création de l’entreprise. Pour cela, retirez un formulaire au Centre de Formalités des Entreprises compétent selon votre projet. Quand ce sera fait,
vous ne pourrez pas revenir en arrière.

2. PROFITER DE VOS DROITS DE CHÔMAGE

Si vous êtes en mesure de bénéficier du chômage, profitez-en pour lancer votre activité sereinement avec une sécurité financière.

Capital chômage
Vous avez le droit d’utiliser votre capital chômage à condition de créer votre entreprise (auto-entreprise comprise) après avoir quitté votre poste. Voici la règle de versement des ARE (Allocation de Retour à l’Emploi) sous forme de capital pour création d’entreprise est la suivante : 25% des droits Assedics sont versés en capital lors de la création, 25% au bout de 6 mois d’activité, le reste étant conservé par Pôle Emploi au cas où le créateur se retrouverait dans une situation de demandeur d’emploi dans les 3 ans.

Chômage sans le droit au capital
Si vous n’avez pas le droit d’injecter votre chômage dans votre capital, vous toucherez une somme tous les mois. Mais si vous gagnez une certaine somme avec votre activité d’indépendant, cela baissera la somme de votre indemnité. Si vous vous retrouvez dans ce cas de figure, je vous encourage à profiter de
ces mois de chômage pour vous renseigner, mettre en place votre stratégie, développer votre réseau et peaufiner votre portfolio.

Couveuse d’entreprise
Vous avez le droit de bénéficier de votre chômage chaque mois tout en commençant votre activité à condition de rejoindre une couveuse d’entreprise (dispositif d’accompagnement à la création d’entreprise) tel que Créacité. Vous bénéficierez en plus d’un accompagnement juridique, comptable et stratégique.

3. HABITER CHEZ VOS PARENTS

Si vous avez encore la possibilité d’habiter chez vos parents, cela peut être une bonne solution pour prendre le temps de lancer votre activité. Normalement, une année d’activité devrait largement suffire pour générer un salaire correct et d’avoir les moyens de vous payer un logement.

PLAN B

Si vous êtes dans une situation où vous n’avez pas d’autre choix que de vous lancer et que vous n’avez pas de trésorerie, lancez-vous quand même. Ce n’est pas l’idéal, mais si vous êtes prêt à vous battre, vous pouvez y arriver. Quand je me suis lancé, je comptais sur mon activité pour financer mon mariage qui arrivait 6 mois plus tard. J’ai eu beaucoup de difficultés et j’ai énormément travaillé. Mais j’y suis arrivé.

VOTRE PLAN

Dites-moi en commentaire quel est le plan d’action que vous envisagez pour vous lancer !